Roger-Henri Expert à Metz, L’église Sainte-Thérèse de L’Enfant-Jésus

Si l’église Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus 
de Metz, œuvre de l’architecte Roger-Henri Expert (1882-1955), est inaugurée en mai 1954, la conception de cet édifice singulier et précurseur était arrêtée dès les années 1930. C’est l’un des premiers édifices religieux en France pour lequel les possibilités structurelles du béton sont exploitées au service
 de nouvelles formes et d’un élancement de la nef digne des cathédrales gothiques. Un ensemble 
de vitraux-claustras, remarquable par ses dimensions et par sa technique inédite, est conçu par l’artiste Nicolas Untersteller (1900-1967) et vient donner vie
 à cette armature de béton armé dans laquelle
 les fidèles et les visiteurs se succèdent depuis 
plus d’un demi-siècle.

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Maisons-Bulles, Architectures organiques des années 1960 et 1970

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Collection Carnets d’Architecture, Publié aux Editions du Patrimoine

Disponible en librairie à partir du 12 novembre 2015

« L’homme, l’animal, l’amande, tous trouvent le repos maximum dans une coquille. » Gaston Bachelard, La Poétique de l’espace, 1957.

Un véritable rejet du mouvement moderne a émergé en France durant la décennie 1960. Des architectes et des artistes mènent alors des recherches sur le voile de béton, qui offre une immense liberté d’expression et une souplesse tant formelle que technique. Influencés par Antoni Gaudí ou Frederick Kiesler, inspirés par la nature, ils se tournent vers la création de volumes ovoïdes. Dans une société passionnée par la science-fiction et les soucoupes volantes, ils composent des univers entre représentation primitive et projection futuriste. Leur choix pour les structures en forme de bulles sera à la fois économique, esthétique et pratique : coquille protectrice, elle doit s’accorder parfaitement aux gestes quotidiens.
En 1959, Pascal Häusermann (1936-2011) est le premier à construire une maison à partir de ce procédé, dans l’Ain. Avec Claude Costy (née en 1931), son épouse – et associée de 1963 à 1972 –, il décline l’utilisation du voile de béton durant plus d’une décennie, tout en travaillant à des variations en plastique.
D’autres créateurs suivront : Jean-Louis Chanéac (1931-1993), le médiatique Jacques Couëlle (1902-1996), Antti Lovag (1920-2014) qui se définit lui-même comme un « habitologue », ou encore l’architecte Henri Mouette (1927-1995) et le sculpteur Pierre Székely (1923-2001). L’empreinte de cette architecture se lira ensuite aussi bien à travers les livres pour enfants, avec la maison de Barbapapa, qu’au cinéma, avec celle de maître Yoda dans Star Wars. Mais l’intérêt du grand public, étrangement, sera très éphémère. Les bulles vont se répandre pendant une quinzaine d’années, jusqu’à ce que la crise, la mutation de la société française et les nouvelles orientations des lois d’urbanisme sonnent le glas de la plupart des projets. Et depuis le début des années 1980, les maisons-bulles restent essentiellement du domaine de l’autoconstruction.

Villas 60-70 en France

Couverture du livre
Villas 60 70 de Raphaëlle Saint-Pierre, éditions Norma, 2013

Villas 60-70 en France démontre que le pays a produit une architecture digne d’être reconnue, des œuvres de créateurs français (Jean Balladur, André Bruyère, Paul Chemetov, Jean Nouvel, Claude Parent, Roland Simounet, etc.) ou étrangers (Marcel Breuer, Philip Johnson, Richard Neutra, Oscar Niemeyer). L’ouvrage analyse les divers courants esthétiques et de pensée, notamment dans leur relation aux mouvements internationaux.

Au milieu des années 1960, la contestation sociale et la montée en puissance de la contre-culture se font sentir, tant aux États-Unis qu’en Europe. L’architecture moderne est remise en question par une multiplicité de tendances qui apparaissent alors ou prennent de l’ampleur. Contrairement aux années 1950, on ne peut pas parler d’un style caractéristique des décennies 1960 ou 1970. Cependant le programme de la maison reste, plus que jamais, un laboratoire pour les architectes, jeunes ou âgés.

Divisée en trois, la première partie du livre s’attache à discerner les influences, les ruptures, les thèmes de réflexion dans la maison individuelle française de la période. Le premier chapitre est consacré aux métamorphoses de la modernité. Les débats se complexifient, les modèles changent comme les repères avec la réforme de l’enseignement de l’architecture. Face à l’invasion des pavillons, architectes et designers se battent pour proposer des prototypes de maisons industrialisées. Le deuxième chapitre s’intéresse aux défis envers les typologies habituelles, aux rapports des architectes avec les sciences, à l’effacement des frontières avec les arts plastiques (Pierre Szekely) et à la prospective (Jean-Louis Chanéac). Dômes, paraboloïdes hyperboliques, bulles (Pascal Häusermann, Antti Lovag) et gonflables sont les symboles d’une rupture avec la boîte. Le troisième chapitre aborde la pensée écologique. Elle apparaît d’abord chez quelques scientifiques, intellectuels et marginaux puis, lors de la crise pétrolière de 1973, investit la scène nationale avec le renouvellement de l’intérêt pour le bois (Pierre Lajus, Jean-Pierre Watel) et des essais d’architecture solaire (Guy Rottier).

Dans la seconde partie du livre, une trentaine de villas, classées par ordre chronologique, sont analysées en détail avec l’aide de documents photographiques et graphiques. Elles illustrent et approfondissent les thèmes abordés en première partie.

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Publié en 2013 aux Editions Norma

Villas 50 en France

Villas 50 de Raphaëlle Saint-Pierre, éditions Norma, 2005
Villas 50 de Raphaëlle Saint-Pierre, éditions Norma, 2005

Alors que le design des années 1950 connaît une vogue considérable et que l’architecture de la reconstruction a été très étudiée, les maisons particulières de cette époque restent méconnues. Réservée jusque-là à de grands bourgeois qui s’adressaient à des stars de la modernité comme Robert Mallet-Stevens, Pierre Chareau ou Le Corbusier, la villa connaît, avec l’émergence d’une bourgeoisie éclairée plus modeste, un essor remarquable dans la France de l’après-guerre. À l’ombre des grands ensembles, elle constitue une sorte de laboratoire qui permet aux architectes d’innover, mais aussi de mettre en pratique les acquis et les enseignements des maîtres, tout en les détournant et les adaptant, avec la vitalité et l’esprit de provocation caractéristiques de l’époque. Cette architecture domestique, à la fois expérimentale et matérialiste, souvent utopique, caricaturée par Jacques Tati ou Spirou, bénéficie de l’aide des Salons et des concours organisés par des magazines extraordinairement audacieux et inventifs. Montrant à quel point sa modernité se différencie du purisme théoricien qui prévalait avant guerre, la première partie de l’ouvrage analyse le vocabulaire architectural français qui se met en place, nourri d’influences américaines, scandinaves, japonaises et brésiliennes, balançant entre organicisme, rationalisme, brutalisme et art total, sans déroger aux règles de fonctionnalité du plan, aux nouveaux impératifs d’équipement et au rapport, désormais indispensable, entre habitat et nature. Dans un second temps, la visite détaillée de vingt-cinq maisons, construites par les maîtres que sont Le Corbusier, André Lurçat, Alvar Aalto et Philip Johnson, par de jeunes architectes comme Claude Parent ou André Wogenscky, des ingénieurs et des artistes tels que Jean Prouvé, André Bloc et Pierre Soulages, nous fait découvrir la richesse de ce patrimoine architectural profondément original.

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